Mercredi 27 janvier 3 27 /01 /Jan 20:04

Jeune délinquant

 

 

 

En 1988, mon père est muté. Nous déménageons pour nous installer à Bagneux dans les Hauts-de-Seine (92), au quartier HLM des Pervenches. Quand j’ai débarqué dans cette cité, je n’y connaissais personne. J’ai dû me battre pour me faire respecter.

 

Tout petit déjà, je ne voulais pas passer pour un bouffon. Comme on était nouveaux dans le quartier, tout le monde venait nous tester, mon frère et moi. Il ne se passait pas un jour sans que l’on se chiffonne avec nos futurs « meilleurs » potes. On voulait faire partie de leur bande, on a dû faire nos preuves pour être acceptés par les mecs du quartier. C’était la loi de la cité !

 

J’ai grandi avec l’éducation de la rue. Je passais mon temps dehors pour fuir le climat familial. Je traînais de hall en hall avec mes copains qui, pour moi, étaient comme une petite famille. Les 400 coups, on les faisait toujours ensemble ! Inconsciemment, j’ai sombré dans la délinquance.

 

Pour me faire du fric, je volais des bouteilles de whisky J. B. pour les revendre, un petit business qui me rapportait un peu d’argent. Pour m’habiller je volais vêtements, chaussures et baskets de marques.

 

Être les enfants de parents pauvres conduit beaucoup de jeunes à commettre ce genre de délits. Face à l’image imposée du jeune beau mince bronzé et habillé à la dernière mode, il est difficile quand on n’a pas encore acquis tout son sens critique, de résister à l’appel du matraquage publicitaire. Mais que les choses soient claires : je ne fais pas l’apologie du vol, je n’ai nullement éprouvé de plaisir à faire cela. Je voulais tout simplement être fringué comme mes camarades de classe et ne plus porter des vêtements de la Croix-Rouge ou d’Emmaüs.

 

Comme j’avais souvent le ventre vide, il fallait bien trouver une solution pour filouter de la bouffe, si possible de la bonne bouffe ! Alors, avec ma bande, - je devais être dans ma seizième année - on allait dans des restos chics, tant qu’à faire ! On se la jouait « bourges » ! Et, quand arrivait la note, subitement, tout le monde avait une envie pressante d’aller aux toilettes. Là, on se barrait tous en courant.

 

 À l’époque, j’ai fini par devenir un petit voleur bien organisé. Bien sûr, aujourd’hui je regrette d’avoir volé les grandes enseignes de vêtements et la grande distribution. Cela dit, nous savions quand même qui nous « pouvions » voler. Nous ne nous sommes  jamais attaqués à tout petit.

 

Nous ne laissions rien au hasard, tout était bien préparé. Avant de faire notre coup, nous repérions les caméras de surveillance. Puis, sur une feuille, nous établissions notre stratégie. Et finalement, dès le lendemain, la marchandise était à la maison. Dans la bande, j’étais le cerveau et le premier à trouver des idées originales pour se faire de la tune.

 

Comme je m’exprimais correctement, j’ai eu l’idée d’aller écumer toutes les zones pavillonnaires des gens riches de la ville de Sceaux, dans les Hauts-de-Seine. Pendant plusieurs semaines, mes potes et moi, nous nous sommes fait passer pour des bénévoles de la Croix-Rouge. J’avais pris soin de nous fabriquer de fausses cartes professionnelles. Nous allions de porte en porte, les gens nous donnaient carrément des billets ! J’étais en admiration devant ces villas de rêve.

 

Cette escroquerie a très bien fonctionné  … jusqu’au jour où nous avons sonné à la mauvaise porte. Un homme d’une quarantaine d’années nous a ouvert et nous a invités à entrer chez lui. Nous étions quatre à le suivre. Sa maison était grandiose, du marbre à perte de vue, une décoration sublime ; des photos de célébrités sur lesquelles il posait à leurs côtés étaient affichées aux murs.

 

 Nous étions ébahis par la quantité de nourriture qu’il y avait sur la table ! Mais moi, cet homme, je ne le sentais pas du tout. J’avais repéré son regard sadique. D’un coup, ça a fait tilt dans ma tête, et quelque chose m’a dit qu’il ne fallait pas boire le cocktail qu’il nous avait si gentiment préparé. J’ai prévenu les autres de ne pas boire. Mais, seul Morad m’a écouté.

 

L’homme nous félicite pour notre action et fait mine de s’intéresser à nous. Au fil de la discussion, je lui demande l’argent qu’il nous a promis. Il rigole et me dit : « Toi, tu ne perds pas le nord ! » Il sort aussitôt 400 F de sa poche. J’hallucine ! C’est énorme, je les accepte avec plaisir. Le temps passe, cela fait presque une heure que nous sommes chez lui, quand, soudain, il décide de se mettre à l’aise. Il part dans sa salle de bains, et en ressort en slip.

 

Pendant son absence, Morad et moi en avions profité pour verser les cocktails dans un pot de fleurs. Nous avions compris le manège, pas Sofiane et Hakim qui ne réagissaient pas. Le regard fixe, ils étaient somnolents. Je regarde Morad et lui dit dans l’oreille : « Je t’avais dit que le cocktail était chelou ! » Il me répond sèchement : « Tu te démerdes pour nous sortir de cette galère ! »

 

De plus, le mec nous a enfermés à clef. Je décide de l’attirer dans sa chambre en prétextant que j’ai envie de lui : oh ! Mon Dieu, l’horreur ! Il s’installe alors sur son lit à baldaquin et me met une vidéo X … Je sors ma bombe lacrymogène et la lui vide dessus … sans pitié ! Je cours dans le salon complètement tétanisé par les hurlements de ce pauvre type. Je m’empare d’une statuette en pierre et la lance sur la baie vitrée qui  vole en éclats. Dieu merci, nous réussissons à sortir de là !

 

Arrivés à la cité, nous sommes pris de fous rires. Sofiane et Hakim reprennent petit à petit conscience. Pendant des mois ils auront le privilège d’être surnommés « les Toxicos ». Bref, cette histoire aurait pu très mal tourner. Elle a sonné la fin de notre escroquerie. Mais, une question me perturbait. Est-ce que l’homme était toujours vivant ? Le lendemain soir, je retournai près de sa maison avec Mourad, car lui aussi s’inquiétait. Nous nous sommes cachés derrière une voiture stationnée devant chez lui. Derrière ce qui restait de la baie vitrée, nous avons reconnu l’homme. J’étais presque heureux de le revoir ! Je me suis dit : « Ouf ! Je ne suis pas un criminel. »

 

De 11 à 14 ans, je commençais à être difficile et à faire des bêtises. Alors, sur la demande de mon éducatrice, la DDASS me plaça, durant toutes les vacances scolaires, dans différentes familles d’accueil. Généralement, je demandais à être placé dans la famille Suchaud, à Montluçon, là-bas dans le Massif central.

 

Loin de la cité, j’étais vraiment une autre personne. Je me retrouvais des journées entières à discuter avec mamie Suchaud. Elle me racontait sa vie de fille de paysans, elle m’apprenait à traire les vaches, à faire du pain et des gâteaux. Elle me préparait de bons petits plats et, surtout, elle m’écoutait quand je n’allais pas bien. Je ne lui cachais rien car elle ne se permettait jamais de me juger. Bien au contraire, elle me répétait sans cesse : « Les erreurs t’aideront à avancer dans la vie, Chouchou ! » C’est vrai que la plupart du temps, je m’ennuyais ferme au milieu de ces champs. Mais je garde quand même un bon souvenir de ces vacances forcées. Et je remercie la DDASS de m’avoir permis de découvrir la campagne. J’en profite pour m’excuser auprès de Madame Delcros, mon éducatrice, car je l’ai fait tourner en bourrique à plusieurs reprises.

 

De retour à la cité, je retrouvais mes potes de galère. Au fil du temps, d’autres potes se sont greffés à notre bande. Mes fréquentations devenaient de plus en plus bizarres. À l’âge de 15 ans, je dealais du shit. Ça trafiquait partout, dans les halls, les caves, on squattait aussi des appartements vides. Je gagnais environ 4 000 F par mois, parfois un peu plus. J’aidais ma mère financièrement avec cet argent sale. Pauvre mère, elle qui est religieuse ! Comment ai-je pu lui faire cela ? L’argent que je lui donnais, je le justifiais par des petits boulots à droite et à gauche. Je lui disais que je faisais les marchés et que j’aidais le père d’un copain qui tenait une sandwicherie. Bien sûr, tout cela n’était que du vent.

Le trafic de CAME ne m’a jamais intéressé, bien qu’il rapporte beaucoup plus. Je savais que cette substance provoquait beaucoup de dégâts.

 

 À 15 ans, j’étais livré à moi-même, je faisais ce que je voulais et je rentrais à l’heure que je voulais. Peu importaient les réflexions de mes parents. Dehors j’étais bien, libre et heureux. Je me croyais vraiment tout permis. Avec du recul, je me dis que j’ai été chanceux de ne m’être jamais fait choper par la police. J’avoue que nous étions bien organisés.

 

J’étais anti-keuf ! Quand les flics venaient dans la cité, ils n’étaient pas les bienvenus. Ceux de la B.A.C (brigade anti criminalité), c’étaient les pires ! On les détestait ! Ils nous provoquaient sans arrêt, nous les jeunes ; nous nous faisions contrôler en permanence. Ils savaient pourtant qui nous étions mais à chaque fois  nous avions droit à un contrôle, et je savais que ça allait mal tourner. Ils se permettaient de nous tutoyer, de nous rabaisser, de nous insulter et de nous matraquer.

Face à la police, je ne me suis jamais dégonflé. J’étais né rebelle et tous mes potes m’admiraient car j’avais du répondant. Ils étaient toujours étonnés en m’écoutant parler. Je n’étais plus « Jamel la racaille » mais le « Charles Henri du XVIe » ! Sans rire, c’était mon surnom ! Je n’étais pas bête comme garçon ; à l’école, j’étais bon élève, je tournais autour de 13-14/20 de moyenne générale, sans me fouler.

 

En primaire et au collège, j’ai toujours été élu délégué de classe. Je kiffais ce poste que je prenais à cœur. Défendre les intérêts de mes camarades me plaisait beaucoup. Dans les conseils de classe, je me prenais pour un avocat, les professeurs restaient sans voix ! J’arrivais toujours à me faire entendre pour que certains de mes camarades ne passent pas en conseil de discipline, n’aient  pas d’avertissement ou ne soient pas virés du collège ; j’avais des arguments en béton. Ils me connaissaient pour être le reste du temps un peu foufou, j’avais la réputation du clown de service, j’aimais bien rigoler, me faire remarquer.

Peut-être mon côté « défenseur du plus faible » - autant d’ailleurs que mon côté clown - était-il dû à mes problèmes familiaux ? Je pense qu’il y avait un peu de cela. J’avais ce besoin de défendre les plus faibles, quitte à entrer dans des histoires qui ne me concernaient pas, au risque d’avoir des problèmes. Je n’en avais cure car, dans ma petite tête têtue, je ne pouvais pas laisser les plus faibles se faire embêter.  J’ai toujours ouvert ma bouche à juste titre.

 

Ce trait de caractère ne m’a jamais déplu. J’ai toujours dit tout haut ce que les gens pensaient tout bas. Je n’ai jamais voulu être un petit mouton qui suit bêtement le troupeau. J’ai toujours voulu être acteur de la société, donner mes opinions et être libre de m’exprimer.

 

Mes années collège, je ne les oublierai jamais. Nous avons mis un bordel monumental ! Par contre, nous n’avons jamais insulté, ni violenté les profs, contrairement à ce qui se passe maintenant. Je suis le premier à dénoncer ces actes et je me dis qu’être professeur de nos jours, ça ne doit pas être une sinécure.

Bref, j’étais collégien le jour, et trafiquant le reste du temps !

 

Mais cette vie de délinquant était vraiment pénible. Je ne dormais pas tranquille. J’ai connu les règlements de comptes entre bandes rivales et les menaces de mort. Ok, je gagnais de l’argent mais je me suis aussi rendu compte que le business pouvait rapidement tourner au drame : la prison ou la mort. Le choix fut vite fait.

 

J’étais perdu dans ma tête, la cité m’ennuyait et la police m’emmerdait de plus en plus. Contrôle d’identité sur contrôle d’identité, l’image que j’avais de la police se dégradait de jour en jour. Même quand j’étais respectueux envers eux, ils avaient le don de me mettre en rage. Mépris, humiliations, vexations  … N’avaient-ils que cela à faire ? J’avais l’impression qu’ils étaient aigris par la vie. Leur brutalité était incompréhensible. C’est pour cela que quelques années après je suis devenu policier : je voulais passer de l’autre côté de la barrière pour enquêter sur l’envers du décor de notre institution policière. Dans un livre sorti en mars 2007, je raconte mon témoignage sur ce que j’ai vu et vécu au sein de la machine police, et Dieu sait que certains comportements étaient peu déontologiques.

 

En 1998, ma mère est tombée gravement malade. Financièrement, c’était la galère pour elle. Mon père, fidèle à lui-même, se contentait uniquement de payer le loyer et de faire la tournée des bars. Face à cette situation, je me suis sacrifié et j’ai abandonné mes études d’hôtellerie. Je n’avais plus qu’une chose en tête : trouver du travail. Je ne pouvais pas laisser ma mère sans argent. J’ai dit stop aux conneries ! Fini la drogue, les bagarres, les vols et les escroqueries. Il fallait sauver ma mère. J’ai décroché un poste de commis de cuisine dans un restaurant trois-étoiles à Paris. Tous mes salaires étaient destinés à maman. Elle était fière de moi et cette fierté était le plus beau cadeau que je pouvais lui faire.

 

Un jour, ma cousine me prête son « Casting magazine ». Je reste scotché sur une rubrique intitulée : « Comment devenir animateur radio. » L’article donne de super bonnes explications. Je suis grave content et décide de tenter le coup. J’enregistre dans un studio de musique une maquette radio : de la bombe ! Parler devant le micro me procure un réel plaisir. J’apprends que c’est un ancien animateur de voltage FM qui m’a enregistré la maquette. À la fin de l’enregistrement, il me file le CD et me demande de repasser à la fermeture vers 22 heures car il veut s’entretenir avec moi.

Je me suis dit : « Ce mec est chelou ! » Je ne savais pas ce qu’il me voulait. J’ai bien réfléchi et j’ai décidé de me rendre malgré tout  au rendez-vous.

 

Il me fait entrer dans son bureau et me fixe en esquissant un sourire. Il me dit : « Voilà, pour aller droit au but, je t’ai fais venir pour te dire que ton timbre de voix, ta diction et ton humour feraient de toi un bon animateur de radio. Je t’ai préparé une liste de contacts de directeurs d’antenne de diverses stations de radio et je t’ai fait une vingtaine de copies de ta maquette. » Tout cela il me l’a fait gratuitement ! Je n’en revenais pas. Je lui dis combien j’étais touché par son geste et lui ai promis de décrocher un contrat !

 

Dès le lendemain, sans perdre une minute, j’envoie mes maquettes aux radios. Le temps passe et une semaine plus tard, les stations Skyrock, Fun radio, RTL puis Radio France Maghreb me contactent pour faire des essais. Je commence par Radio France Maghreb. Bingo ! Je suis pris ! Je saisis ma chance et décide de faire mes premières armes sur cette station, peu importe le salaire. L’essentiel est que ma voix va passer sur la bande FM.

 

L’été 1998, je ne l’oublierai jamais. J’avais une émission que je devais gérer tout seul. A 17 ans, j’étais un des plus jeunes animateurs radio. Tout mon entourage était fier de moi. C’était génial, j’avais de l’énergie à revendre mais je gardais la tête sur les épaules. Tout cela a plu au directeur d’antenne, Najib Tabet. Il me convoque dans son bureau et me demande s’il est possible que je prête ma voix pour enregistrer des pubs radio. J’accepte avec plaisir, c’est toujours de l’argent en plus.

 

À ce stade, je remercie cette bonne étoile qui me guide de jour en jour jusqu’à oublier la cité, la drogue et les vols. De fil en aiguille, je me fais un nom dans le monde des médias, le temps d’un été. L’audimat augmente, je reçois pas mal de courrier d’auditeurs.

 

Mais, comme toutes les bonnes choses ont une fin, arrive le mois de septembre. Tous les animateurs en titre reviennent pour reprendre du service. Mon contrat s’achève. C’est la fin d’une aventure qui m’a fait rencontrer beaucoup de monde. Le directeur de l’antenne me dit qu’il aurait besoin de moi pour d’autres pubs radio et qu’il me réservera une place pour l’été suivant. J’accepte avec plaisir mais pour le moment, je me retrouve sans taf !

 

Je pointe tous les jours à l’ANPE à la recherche d’un job, mais je me rends compte que sans diplôme, c’est chaud ! De septembre à décembre 1998, je rame et c’est la déprime. Je m’enferme petit à petit dans le silence. Je reste à la maison dans ma chambre à regarder la télé et à écouter en boucle mes émissions de l’été. Cela me manque grave, j’y ai pris goût, mine de rien. Une chose est sûre : tenir les murs de la cité n’est pas fait pour moi. Je veux découvrir d’autres horizons.

 

Janvier 1999. Pour commencer en beauté cette nouvelle année, je reçois un coup de fil d’une ancienne collègue animatrice radio qui me demande de co-animé avec elle une émission le samedi soir sur fréquence Paris Plurielle. Évidemment, c’est avec un grand plaisir que j’accepte la proposition. Il me tarde de commencer ! En plus, Faïza, c’est madame Sans-Gêne. Son humour en fait rire plus d’un. Me voilà embarqué dans une nouvelle expérience radio. C’est le pied ; d’autres propositions viendront par la suite …

 

Mais entre chaque émission de radio, il fallait bien s’occuper, faire rentrer de l’argent. J’ai été facteur, télé-conseiller, animateur de village vacances à l’étranger, et détective privé à Paris. À l’époque, je n’avais aucune stabilité au niveau du travail. J’avais fait des études d’hôtellerie car je voulais devenir steward, mais je m’étais perdu en chemin … De plus, je n’aurais jamais pu le devenir car j’étais en surcharge pondérale.

 

Je me suis longtemps posé la question : Pourquoi ai-je pris autant de poids en peu de temps? J’ai beaucoup réfléchi et j’ai rassemblé mes souvenirs. C’est là que j’ai constaté que mes troubles alimentaires intervenaient souvent quand mes parents se disputaient ou quand j’étais contrarié.

 

Je suis parti consulter mon médecin traitant. J’ai longuement discuté avec lui ; ce jour-là le ciel m’est tombé sur la tête. Le médecin m’a fait comprendre que j’étais devenu boulimique.

 

J’ai très vite su que cela était lié à mon passé. Pour être franc, je savais que mon rapport avec  la nourriture  n’était pas normal. Je mangeais tout et n’importe quoi. Je bouffais comme un porc et me faisait vomir pour me sentir bien. Mes crises étaient de plus en plus fréquentes. Au travers des vomissements j’évacuais tout le stress et la colère qui était en moi. J’acceptais de moins en moins mon corps car finalement je ne pouvais pas réaliser mon rêve, celui de devenir steward.

 

A l’âge où tous mes potes avaient une petite copine, moi j’étais seul. De plus en plus seul. J’en voulais à la terre entière. Je m’accrochais à cette vie qui me dégoûtait davantage de jour en jour ; j’avais subi trop d’injustices, trop de violence et de discriminations. Tout cela me perturbait sérieusement au quotidien. Je n’avais vraiment pas l’impression d’avoir ma place en France. Considéré comme un délinquant, une racaille, et un étranger de par mes origines, peu à peu, je n’avais plus qu’une chose en tête : je voulais absolument me métamorphoser. Cette idée tournait à l’obsession ! Je voulais du changement, tant sur le plan physique que sur le plan psychologique, car je n’étais en fait qu’un adolescent perturbé, délinquant, mal dans sa peau et déprimé.

 

Je voulais en finir avec cette double personnalité, je n’avais qu’une envie, c’était d’être en paix avec moi-même. J’étais loin d‘imaginer que le combat allait être aussi éprouvant, car, il ne fallait pas que je me voile la face, j’étais BOULIMIQUE et il me fallait l’accepter … seul et en secret.


Par BOULIMIQUE ANOREXIQUE
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  • : Jamel BOUSSETTA à été longtemps BOULIMIQUE et ANOREXIQUE il nous livre sur ce blog l'enfer qu'il à traversé. Il se met à nu pour expliqué l'envers du décor de la maladie qu'il l'a aspiré lors de son adolescence. Aujourd'hui il va beaucoup mieux mais à l'entendre dire il ne crie pas victoire... UN TÉMOIGNAGE BOULEVERSANT... à suivre
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